Ryanair : les bénéfices décrochent lourdement au 1er trimestre 2019

Ryanair : les bénéfices décrochent lourdement au 1er trimestre 2019

Rédigé le 29/07/2019
La Rédaction

Les augmentations des coûts du carburant et du personnel pointées du doigt

Le low cost long-courrier n'est pas le seul secteur à se faire des cheveux blancs, celui court et moyen-courrier montre des signes d'essoufflement. Ryanair vient de présenter ses chiffres du 1er trimestre 2019, dont les bénéfices ont chuté de 21%.

En février 2019, Ryanair a dévoilé une perte de 20 millions d'euros et une réorganisation subite de la direction pour faire face à une situation extraordinaire.

Les mois et les saisons sont passés, mais les difficultés perdurent ou du moins sont toujours ressenties, avec des chiffres financiers du premier trimestre 2019 en chute libre.

Ce n'est pas le nombre de passagers (+11%) qui interpelle, mais la dégringolade du bénéfice de 21 %, s'établissant à 243 millions d’euros, tout de même. Michael O’Leary de Ryanair a déclaré: "comme précédemment guidé, les bénéfices du premier trimestre ont chuté de 21% à 243 millions d’euros en raison de la baisse des tarifs, de la hausse des coûts de carburant et du personnel."

En effet, l'ensemble de ses postes montre des signes de tension, avec une baisse moyenne de 6% du prix des billets (36 euros), une flambée du baril (+24%) et des frais du personnel (+21%).

Air Malta bientôt dans le ciel français ?

Le communiqué de presse de dévoiler que "nous continuons de négocier des contrats de croissance attrayants alors que les aéroports sont en concurrence pour attirer la croissance fiable du trafic de Ryanair."

L'Europe se dirigerait-elle vers une augmentation des subventions pour accueillir la low cost ? C'est en tout cas ce que semble dire cette phrase.

Toutefois, la direction de Ryanair se veut confiante en affirmant que "notre bilan est l'un des plus solides du secteur." Pour cela la compagnie table toujours sur la livraison des Boeing 737-MAX, dont la construction est toujours suspendue, pour faire des économies, mais s'attend à n'en voir les bénéfices qu'à partir de l'exercice 2020.

Un moyen de faire pression sur une possible compensation du constructeur, alors que pour le moment les Boeing 737-Max sont cloués au sol.

Dans le même temps, Ryanair entend développer sa nouvelle compagnie, Air Malta qui passera de 6 à 10 avions au cours des 3 prochaines années, tout en bénéficiant des bases françaises, allemandes et italiennes du groupe.

L'avis de Johanna Bonhill-Smith, analyste spécialisé dans le voyage et le tourisme pour GlobalData :

"L’incertitude liée au Brexit et la crise du Boeing 737 Max ont contribué à la chute de 21% des bénéfices de la société au premier trimestre, mais les problèmes persistants au sein du personnel de la société constituent en réalité la plus grande menace pour les résultats du deuxième trimestre.

Ryanair a plus que jamais besoin de l’aide des pilotes et PNC. La compagnie est l’une des plus touchées par des grèves relevant de la BALPA (Association des pilotes de lignes aériennes britanniques), avec potentiellement une action en août en Grande-Bretagne et en Irlande.

Ryanair prévoit que les bénéfices seront déjà en baisse de 6% au premier semestre 2019, mais cela nécessiterait une très forte performance au deuxième trimestre.

La compagnie aérienne aura également misé sur la haute saison estivale pour générer des bénéfices, mais des grèves menacent ces projets.

Pour réduire davantage les pertes, il est urgent que la compagnie aérienne collabore avec BALPA et les autres syndicats concernés afin de trouver rapidement une solution. Il ne pourrait y avoir un moment plus crucial pour que la compagnie aérienne bénéficie du soutien de ses effectifs.
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